Une nouvelle IPPJ à Bruxelles

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Le Ministre de l’Aide à la Jeunesse, Rachid Madrane, avait annoncé dès l’entame de la législature sa volonté de développer un projet innovant à Bruxelles pour les jeunes ayant commis un fait qualifié d’infraction.

Ce projet se concrétisera à Forest, dans l’ancien internat pour garçons de l’Athénée Royal Victor Horta, comme le Ministre a pu l’annoncer à la presse ce vendredi 12 mai, lors d’une conférence de presse.

Le Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a en effet marqué son accord sur la création d’une septième institution de protection de la Jeunesse (IPPJ) en Fédération Wallonie-Bruxelles.

Ce projet se veut innovant à plusieurs égards : de par son lieu d’implantation d’abord, puisque c’est la première fois qu’une institution publique de protection de la jeunesse verra le jour à Bruxelles, mais aussi de par le projet éducatif qui y sera développé.

La volonté du Ministre est de créer une institution en lien avec la cité, ses écoles, ses associations, les institutions publiques de formation pour pouvoir travailler très concrètement à l’insertion sociale du jeune, à sa réinsertion scolaire, à l’acquisition de savoirs donnant accès à l’emploi.

Concrètement, cette nouvelle IPPJ comportera :

  • 3 sections ouvertes et sera, pour la première fois, mixte sur un même site :
    • 2 sections de 10 places pour garçons
    • 1 section de 10 places pour filles
  • Un service d’accompagnement post institutionnel (API), comptant 16 places pour les garçons et 4 places pour les filles.
  • Pour la première fois également, cette « IPPJ » comportera 4 « kots de transition supervisés » où des jeunes pourront s’initier à l’autonomie en vue de prendre celle-ci à leur majorité après leur placement en IPJJ.
  • Le Service d’Accompagnement, de Mobilisation intensifs et d’Observation (SAMIO) de Bruxelles emménagera également dans les bureaux administratifs de l’IPPJ
  • Enfin, l’institution bénéficiera d’une salle de sport qui pourrait être utilisée par des associations du quartier, des clubs de la commune.

Les travaux débuteront fin 2017. Sauf imprévus, l’IPPJ devrai ouvrir en 2020-2021.

La création d’une IPPJ à Bruxelles a par ailleurs entraîné une réflexion sur la façon dont s’organisent les prises en charge des jeunes à travers l’ensemble des mesures qui sont à la disposition des juges de la jeunesse pour traiter des jeunes FQI.

Les projets pédagogiques développés par les différentes IPPJ ont donc été harmonisés, afin de les inscrire dans un continuum pédagogique.

À l’avenir, l’intervention des IPPJ sera recentrée sur quatre missions :

  • des « services diagnostics » vont remplacer les sections d’accueil: il s’agit de services d’évaluation, d’observation et d’orientation, où le jeune sera pris en charge mais pour un mois, le temps que soit évalué sa dangerosité, le risque de récidive qu’il présente, ses ressources sociales et familiales,…
  • des services d’éducation en régime fermé ou ouvert 
  • l’issue du placement, des missions  de suivi du jeune dans son milieu de vie continueront à pouvoir être menées.

Cette réorganisation des services se fait parallèlement à une réflexion sur un plan de remembrement à long terme des infrastructures des IPPJ.

Le personnel des IPPJ et leurs partenaires actuels ou futurs d’autres services, publics ou agréés, ainsi que les magistrats de la jeunesse sont évidemment étroitement associés à ces deux chantiers.