Renforcement de la lutte anti dopage en FWB : bientôt des contrôles dans les salles de fitness

Sur proposition du Ministre des Sports Rachid Madrane, la commission du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a approuvé ce mardi 23 octobre un avant-projet de décret modifiant le décret du 20 octobre 2011 relatif à la lutte contre le dopage.

Pour rappel, cette réforme a pour objectif principal de permettre à l’ONAD (Organisation nationale anti dopage) Communauté française de répondre à l’ensemble de ses obligations en tant que signataire du Code mondial antidopage (le Code), vis-à-vis de l’Agence mondiale antidopage (AMA) et, ainsi, de manière plus globale, de réaffirmer son engagement en matière de lutte contre le dopage.

Pour atteindre cet objectif, l’avant-projet de décret prévoit deux grands axes :
– l’autonomie opérationnelle de l’ONAD et ses contours ;
– la compétence disciplinaire obligatoire de la Commission interfédérale disciplinaire en matière de dopage (la CIDD), pour connaître et juger de tout cas de dopage allégué et/ou constaté par l’ONAD et ce, indépendamment de l’affiliation sportive éventuelle du sportif concerné. A l’heure actuelle, les contrôles effectués chaque année par l’ONAD visent essentiellement le sport de haut niveau, avec ce nouveau décret, les contrôles pourront à l’avenir cibler également les disciplines pratiquées de manière libre et sans affiliation sportive, comme le fitness ou les courses à pied.

Concrètement cette réforme prévoit trois changements majeurs:

En premier lieu, un seul tribunal antidopage sera bientôt compétent pour juger disciplinairement tout cas de dopage constaté ou allégué par l’ONAD.

Actuellement, la compétence disciplinaire relève des fédérations sportives.
Avec ce nouveau décret, tout contrôle positif sera suivi d’une décision et d’une sanction conforme au Code mondial antidopage, ce qui n’était pas nécessairement le cas avant pour certaines fédérations sportives.

Par ailleurs, effet voulu et induit de cette compétence disciplinaire élargie, pour la CIDD, la présente réforme a aussi pour objectif de permettre une lutte plus efficace contre différentes formes de dopage – connues des autorités – qui sévissent au sein de certaines salles de fitness.

Actuellement, l’ONAD peut déjà contrôler les salles de fitness mais comme le disciplinaire relève des fédérations sportives et que très souvent, les sportifs qui fréquentent ces salles ne sont affiliés à aucune fédération, le risque est très élevé qu’on se retrouve avec des contrôles positifs sans possibilité de sanction. Afin d’éviter ce risque d’impunité, dorénavant, un seul tribunal sera compétent pour tous les cas de dopage, sans tenir compte de l’affiliation sportive.

Enfin, le texte prévoit aussi, à côté des sanctions sportives, issues du Code, et qui resteront évidemment applicables, en cas de dopage avéré, un mécanisme d’amendes administratives, proportionnelles à la gravité du cas de dopage constaté.

On sait que pour certains sportifs, surtout ceux qui ne sont pas dans une fédération sportive, la sanction sportive a peu, voire très peu d’effet. La possibilité qui est faite d’octroyer des amendes renforcera le caractère dissuasif.

Le produit de ces amendes sera réaffecté à des actions en matière de prévention, d’éducation ou de sensibilisation à l’antidopage.

En raison de cet accroissement des tâches administratives de l’ONAD, le Gouvernement a aussi marqué son accord pour l’engagement, au sein de l’ONAD, de deux temps pleins administratifs.
Cette réforme entrera en vigueur au cours du premier semestre 2019.