Des nouveaux outils pédagogiques afin de favoriser la mixité de sexes en Maisons et Centres de Jeunes

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Les Maisons de Jeunes en Fédération Wallonie-Bruxelles sont principalement fréquentées par des garçons. Seul un tiers d’entre elles déclare accueillir un public tout à fait mixte.

Plusieurs facteurs interviennent : style d’activités proposées, stéréotypes sexistes quant à la place des filles, freins parentaux, effets de groupe (le déséquilibre en faveur des garçons freinant encore l’accès des filles), manque d’information sur les Maisons de Jeunes, réticences à sortir dans l’espace public ou encore période de l’adolescence qui n’est pas toujours propice à la mixité.

Suite à ce constat, un projet de sensibilisation à la mixité mené par les CEMEA (les Centres d’Entraînement aux Méthodes d’Éducation Active) a été initié en 2018 au sein de 15 Maisons de Jeunes en vue de créer des outils pédagogiques résultant d’expérimentations.

L’objectif principal du projet « Favoriser la mixité de sexes en Maisons et Centres de jeunes : un enjeu pour les filles et les garçons, un enjeu pour la société » est de soutenir les Maisons de Jeunes qui le souhaitent, au départ de leurs réalités, dans leur réflexion par rapport à la mixité de sexes dans leur structure, que ce soit vis‐à‐vis des jeunes (accessibilité des filles et des garçons, activités proposées, centres d’intérêt des un‐e‐s et des autres, gestion des aspects relationnels, etc.) ou au sein de leur équipe (répartition des tâches, des rôles, etc.).

Le projet visait tout d’abord à réaliser un état des lieux de la manière dont la mixité est vécue dans chaque Maison de Jeunes participant au projet, pour pointer les freins potentiels et les difficultés rencontrées au sein des équipes, afin de mettre ensuite en place des actions de formation et/ou des animations répondant aux réalités du terrain.

Dans la deuxième phase du projet qui visait à sensibiliser les jeunes et les équipes aux stéréotypes et assignations de genre, une formation de trois journées a été mise en place afin de faire se rencontrer les équipes des Maisons de Jeunes, de croiser les réalités de terrain, de partager les outils et les expériences.

La dernière étape du projet a abouti sur une série de recommandations ainsi que sur la production d’outils pédagogiques et de modules de formation, qui seront ensuite diffusés à l’ensemble du secteur de la Jeunesse en Fédération Wallonie‐Bruxelles.

Les recommandations qui découlent du projet insistent sur la nécessité d’un travail important avec les équipes des Maisons de Jeunes sur cette question. Les Maisons de Jeunes mais également, les Centres de Jeunes et Organisations de Jeunesse, ont un rôle essentiel à jouer en termes de rencontres et de mixité des publics.

Fort de ces constats, le projet est prolongé d’une année supplémentaire afin de compléter la démarche par des journées de sensibilisation destinées aux cadres des Maisons de Jeunes, aux fédérations du secteur Jeunesse (centres de jeunes, centres de rencontre et d’hébergement, centres d’information jeunesse, organisations de jeunesse) ainsi qu’auprès de l’inspection de la Culture de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Par ailleurs, en parallèle, un travail avec l’inspection de la Culture a été organisé. La présentation de l’outil auprès de ce service a révélé qu’il était important d’avoir une réflexion institutionnelle sur cette question. Les Ministres concernés souhaitent continuer à collaborer avec eux dans ce sens.

« Le chantier de la mixité n’est pas terminé. Le secteur jeunesse est un excellent « incubateur » d’initiatives. Si la mixité se discute en Maisons de Jeunes, elle pourra l’être dans d’autres secteurs comme dans des associations d’Education permanente. La dimension de mixité des sexes sera également intégrée dans l’un de mes plus gros appels à projets à destination du secteur ainsi qu’à tous groupes de jeunes. Il est indéniable que cette prise de conscience doit être intersectorielle si l’on veut l’inscrire dans la durée. Ce n’est pas une « fatalité » culturelle, la mixité ne va pas de soi. Il est temps de la travailler, de l’encourager et de la faire vivre, et ce, dans tous les secteurs de la Fédération » souligne le Ministre de la Jeunesse, Rachid Madrane.

« La mixité est par essence fédératrice, puisqu’elle reflète la société dans toute sa diversité et permet aux femmes et aux hommes d’apprendre à vivre ensemble. Il faut donc la cultiver, dès le plus jeune âge, en tant qu’outil d’éradication des comportements sexistes et de soutien à l’émergence d’une société toujours plus égalitaire », ajoute le Ministre-Président Rudy Demotte, en charge de l’Egalité des chances et des Droits des femmes.